PLU d’Arradon 2013 : mes remarques

 

Quelques remarques sur le PLU 2013 d’Arradon

(sauf celles sur les nombres d’habitants et de nouveaux logements faites par ailleurs)

 

Remarque 1 : la consommation de l’espace continue

Rapport de présentation page 397 : «  Les dynamismes de consommation foncière durant les 20 dernières années doivent alerter la commune sur la nécessité d’économiser le foncier afin : de maintenir les activités agricoles et de préserver son paysage est ses milieux naturels »

Rapport de présentation, page 307 : Consommation de 35,1ha entre 1999 et 2008 et consommation proposée dans le présent PLU : 36,5 ha.

La consommation d’espace n’est donc pas freinée.

Remarque 2 : Une densité minimale de logements peut elle être décrétée sans étude ad-hoc ?

Pour chaque zone d’urbanisation identifiée, on donne une densité de logements minimale à l’hectare. Comment celle-ci peut être sérieusement décidée sans une étude précise du site : son paysage, son voisinage, sa pente, ses accès ….Un ou deux logements de trop sur un terrain peuvent totalement défigurer le paysage avec un effet quasi nul sur la capacité d’accueil de la commune.

Remarque 3 : Protéger l’identité d’Arradon et son cadre de vie

Cette formule est la reprise de l’orientation N°2 du PADD dont l’objectif N°3 est : « Assurer l’équilibre entre les différentes ambiances paysagères » et le quatrième point de cet objectif : « conserver le caractère rural et bocager des abords des routes départementales et communales – et j’ajoute a fortiori des chemins – traversant le territoire d’Arradon ».

Ce dernier point très important. Je suis souvent intervenu dans la vie communale en tant qu’élu pour montrer que les lotissements créés dans les années 70 et 80 étaient bien plus respectueux de l’environnement que ceux  qui furent créés ensuite. Ils avaient su mener des opérations d’urbanisation assez dense sans dégrader le paysage. Un élément essentiel pour que des voies qui sont des lieux de promenade ne deviennent pas que des voies de circulation sans charme est de construire avec un recul suffisant par rapport à celles-ci.

Voir ci-dessous les photos d’anciens lotissements à titre d’illustrations : chemin de Rosclédan, rue de Kerverho, route de la pointe, Le Grésit, rue du Paluden,….

Avant de dire combien de logements à l’hectare on veut sur un terrain, il serait plus respectueux de l’environnement de décider quelle partie de celui-ci doit « rester verte » pour sauvegarder le paysage.

Exemples :

1)      OAP de Rosclédan (notamment sud) : on dit que « c’est un site peu exposé et que son urbanisation n’aura pas d’incidence paysagère sous réserve de maintien d’un écran végétal le long de la rue de Cadic. » J’invite le commissaire enquêteur à se promener le long du chemin de Roscledan (cf. photo ci-dessus) et d’envisager les « ravages paysagers » que pourraient engendrer des constructions (ou des parkings) trop près de celui-ci.

2)      La rue du Paluden sépare une zone spéciale de conservation Natura 2000 d’une zone Ubb où toutes les maisons sont construites bien en recul de la rue. Le PLU doit conserver cette obligation de construire à l’alignement des maisons déjà construites pour éviter une densification proche du marais.

Sur chaque parcelle proposée à l’urbanisation, une bordure verte conséquente doit être décidée et inscrite sur les documents  du PLU.

Remarque 4 : Le COS en zone Ubb : quelle protection de l’environnement en cas de division du terrain ?

Le règlement propose un COS de 40% pour les terrains de moins de 300 m2 et une surface habitable constructible dépendant de la surface S du terrain selon la formule :

Surface habitable = (S-300) x 0,1 +120. En dehors de la présentation erronée page 271, car on y indique une surface dans la colonne COS, la question de fond est de savoir comment éviter une densification excessive des paysages que l’on veut protéger à la suite de division de parcelles.

Remarque 5 : un projet inquiétant pour le centre bourg

 

Le centre bourg est l’objet d’un catalogue de bonnes intentions souvent répétées dans le PADD :

Orientation 1 – Objectif 3 :

« Mettre en valeur les espaces publics du centre bourg et notamment la place devant l’église et autour de la chapelle. Cette place doit devenir un véritable espace public identitaire et lieu d’échanges pour les habitants »

« Conforter les commerces du centre – bourg »

Orientation 2 – Objectif 4 :

« Faire du bourg un lieu identitaire pour la commune avec un cadre de vie attractif »

« Requalifier les espaces publics et les espaces verts du bourg »

Orientation 3 – Objectif 1 :

« Mettre en valeur le centre – bourg en suivant les orientations de l’étude du bourg »

« Modification des stationnements et de la circulation, aménagement d’une place piétonne devant l’église »

Orientation 4 – Objectif 1 :

« Favoriser l’implantation d’activités tertiaires notamment dans le bourg »

Orientation 4 – Objectif 2 :

« Renforcer l’activité commerciale du bourg »

« Mettre en valeur le centre – bourg, réaménagement de la place de l’église et améliorer l’accessibilité au centre – bourg »

Orientation 5 – Objectif 2 :

« Revoir le stationnement dans le centre – bourg afin d’éviter les stationnements ventouses préjudiciables à l’activité des commerces et à la convivialité de la place »

Orientation 5 – Objectif 3 :

« Revoir la circulation du centre – bourg »

La formule latine dit « bis repetita placent » – les choses répétées plaisent – mais la répétition n’est malgré tout pas un argument. Quels sont en effet les arguments que l’on nous donne pour nous faire espérer que les objectifs moult fois énoncés seront atteints par la modification du bourg qui est projetée ?  L’argument de la concertation préalable n’est pas convaincant quand on entend l’architecte Bernard Guillouet qui a participé à cette concertation et qui dit qu’il n’y a pas été entendu. Il a pourtant été une des seules personnes qualifiées de la population à y participer. Quand on observe ce projet, la destruction des murets du côté de l’église ou de la place de la chapelle, la modification du tracé de la rue de la mairie, l’implantation des parkings, …on voit bien les risques de dégradation du bourg mais beaucoup moins bien les avantages que l’on pourrait en tirer et qui paraissent très hypothétiques. La qualité de ce projet est hautement questionnable et je serais très heureux de connaître l’avis de l’architecte conseil nommé par l’Etat pour notre département du Morbihan.

 

Remarque 6 : Pourquoi déplacer les terrains de sport ?

Quelques citations à ce sujet :

PADD – Orientation 3 – Objectif 1 :

« Faire du renouvellement. Profiter de la localisation en cœur de bourg des équipements sportifs qui doivent être modernisés. Ces équipements sportifs seront reconstruits à proximité»

Rapport de présentation – Partie 1 page 10 :

Il s’agira de prendre en compte l’amélioration des équipements sportifs, leur éventuel déplacement, et la réalisation d’espaces dédiés aux enfants »

Rapport de présentation – Partie 2  page 186 :

Tableau : 204 logements en lieu et place des terrains de football

Rapport de présentation – Partie 3 page 244 :

Un nouveau parc sportif verra le jour sur l’extension ouest du bourg. L’actuel secteur pourra changer de destination au profit de l’habitat… Ces secteurs étant à proximité immédiate de tous les commerces et services, il a été envisagé une densité de 60 logements / ha, soit la réalisation de 204 logements.

 

Ces quelques citations (on parle de ces équipements sportifs à d’autres endroits mais c’est pour répéter la même chose) montrent que la motivation principale du déplacement des deux terrains de football et de la piste d’athlétisme est leur modernisation. De quelles modernisations s’agit-il ? Et surtout, faut-il absolument déplacer ces équipements pour les moderniser ?  On voit bien en réalité que la conséquence de ce déplacement est que l’on pourra construire 60 logements à l’hectare, soit 204 logements…et que cette conséquence est en fait l’objectif principal ! Cette présentation n’est donc pas très correcte. Il y a aussi parfois le terme « éventuellement » qui est accolé au déplacement des terrains, ce qui est un peu une façon de ne pas dire clairement les choses, comme si on était pas sûr de le vouloir.

Au-delà de ces questions de forme, les vraies questions sont :

         Les arradonnais veulent-ils que l’on construisent 204 logements sur leurs terrains de sport et suppriment ainsi une grande partie de ce qui a toujours été considéré comme le « poumon vert d’Arradon » ?

         Quel sera l’impact paysager du nécessaire décaissement nécessaire pour avoir des terrains de sport« à plat » s’ils sont déplacés à côté du collège?

Ce projet à quoi inquiéter et là encore, un avis de l’architecte – conseil de l’Etat serait le bienvenu. 

Jean-François Petiot

Arradon, le 21 juin 2013

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Mon avis sur le projet de PLU 2013 pour Arradon : pourquoi 600 logements?

Cet article concerne la partie « calculs » du PLU qui porte sur les nombres de nouveaux logements et d’habitants supplémentaires d’ici à 2013.

 

Remarques sur les objectifs du PLU :

500 habitants supplémentaires et 600 logements

 

Le rapport de présentation du PLU fait accroire que l’objectif de 600 nouveaux logements jusqu’en 2023 est basé sur un calcul mathématique rigoureux. En réalité le nombre de logements qu’il faudrait construire pour avoir 500 habitants de plus en 2023 (et pourquoi 500 ?) est étroitement lié au nombre moyen de personnes par ménage dont l’évolution est assez imprévisible. Il pourrait aussi bien suffire d’en construire moins de 300 que près de 700. La suite présente 10 remarques sur ces questions.

 

 

Remarque 1 : 500 habitants en plus – un objectif précis en apparence seulement

Quelle est la taille de la population d’Arradon en 2013, année de cette proposition d’un nouveau PLU ? Les calculs du rapport de présentation s’appuient sur des chiffres de 2008. Pas de tentative d’estimer le nombre d’arradonnais en 2013. On dit vouloir 500 habitants de plus en 2023 sans donc savoir combien on en a en 2013. C’est comme si on demandait à un chauffeur de taxi de nous faire parcourir 10 km, sans se soucier du point de départ, et donc sans connaître le point d’arrivée.

Remarque 2 : et pourquoi 500 ?

L’objectif d’augmenter la population de 500 personnes entre 2013 et 2023 n’est pas argumenté et ne peut être soutenu par la seule référence au PLH actuel de Vannes Agglo à échéance 2015 ni du futur pour la période 2016-2021 qui n’est pas connu à ce jour. La référence à l’évolution passée ne justifie pas non plus l’économie d’une réflexion sur ce point : « faire comme avant » est-ce un objectif ?

Le dernier recensement publié par l’INSEE indique une population totale de 5301 habitants et une population des ménages de 5151 en 2009. La différence entre les deux effectifs est essentiellement due, pour Arradon, aux personnes vivant en communauté. Dans la période précédente 1999 – 2009, la population des ménages (on ne parlera plus que de celle-ci) a augmenté de 9,8% avec un accroissement annuel de 0,94% à Arradon, ce qui est un peu supérieur à l’évolution en Bretagne (respectivement 8,75% et 0,84%) et assez au dessus de l’évolution en France (respectivement 6,6% et 0,64%).

Sur la base du dernier taux annuel de 0,94%, on peut estimer la population des ménages arradonnaise en 2013 à 5347 habitants. Proposer 500 habitants de plus entre 2013 et 2023, soit 5847, c’est proposer une augmentation de 9,4% (accroissement annuel 0,90%) de la population des ménages assez voisine de celle de la période précédente. Mais proposer une évolution semblable à la moyenne nationale conduirait à environ 350 habitants en plus au lieu de 500 et à une population des ménages d’environ 5700 personnes.

Il s’agit là de deux possibilités (entre autres) et 150 personnes de plus ou de moins pourrait apparaître assez anodin, mais il n’en est rien. Et la question mérite débat.

Remarque 3 : Ne pas confondre le nombre d’habitants supplémentaires d’une commune avec sa capacité d’accueil de nouveaux arrivants

Même les communes qui n’ont plus de nouveaux terrains urbanisables accueillent de nouveaux habitants. Le développement de l’urbanisation n’est donc pas la seule réponse au renouvellement de la population. Par exemple les recensements nous montrent qu’environ 3500 arradonnais de 2006 (70% de la population) n’habitaient pas Arradon en 1990.

Remarque 4 : un objectif en terme de nombre d’habitants supplémentaires est-il vraiment un objectif pour une commune ?

Qu’importe aux arradonnais qu’ils soient 5700 ou 5850 ou 6000 en 2023 ? Si cette question leur était posée, elle leur paraîtrait bien secondaire. Ils auraient raison car la question n’est pas là. La question du nombre d’habitants supplémentaires n’a de sens que si on la relie à ses conséquences en terme d’aménagement du territoire, qu’il soit urbain ou paysager, de consommation de l’espace, de circulation, de mixité sociale, de services publics, de commerces,…

Une réflexion politique « qualitative » qui va au-delà du « faire comme avant » devrait donc préluder et conduire à cet objectif quantitatif, qui serait alors plus crédible. En tous cas, le nombre de 500 ne va pas de soi dans le contexte particulier d’Arradon, commune riveraine du Golfe du Morbihan mais dont le charme ne se limite pas à son littoral. Le patrimoine paysager de la commune doit être préservé, non pas au seul profit des ses habitants, mais aussi à celui de ses visiteurs et des générations futures.

Remarque 5 : du nombre d’habitants au nombre de logements

            En terme d’urbanisme et de PLU, l’objectif ne s’exprime pas en nombre d’habitants mais en nombre de logements. Le passage de l’un à l’autre est crucial. Entre 1990 et 2006 la population arradonnaise a augmenté de 18,7%, mais le nombre de logements de 44,8% (40,8% de résidences principales et 58,2% de résidences secondaires). On peut donc se douter que la consommation de l’espace est bien plus rapide que l’augmentation démographique.

            La faible augmentation de la population en regard du nombre de nouveaux logements, abstraction faite des résidences secondaires et des logements vacants (sur lesquels nous reviendrons) est due à ce que l’on appelle le « desserrement des ménages », c’est-à-dire la diminution du nombre moyen de personnes par ménages : 2,4 en 1999, 2,3 en 2006 et 2,2 en 2009. Ainsi, si les 2346 résidences principales de 2009 avaient encore 2,4 habitants en moyenne en 2009, elles auraient ensemble 5630 habitants (2346 x 2,4) au lieu de 5161 (2346 x 2,2). Le desserrement des ménages de 1999 à 2009 a donc fait perdre 469 habitants (nombre du même ordre de grandeur que l’objectif + 500 exposé).

            La question du nombre de nouveaux logements est donc d’importance dans ce PLU. On peut calculer le nombre de nouveaux logements en fonction du nombre d’habitants supplémentaires. Il faut cependant éviter une confusion entre « habitants supplémentaires » et « nouveaux habitants » : les habitants supplémentaires sont moins nombreux que les nouveaux habitants. Le rapport nombre d’habitants  supplémentaires/nombre de nouveaux logements n’a pas beaucoup de sens, il ne représente pas du tout la taille des nouveaux ménages arradonnais, il lui est bien inférieur.

           

            Pour le nombre de logements en 2013, on peut reprendre la remarque 1 : nous dit-on quel est notre point de départ en 2013 ?

En complétant le tableau du rapport de présentation (page 212) par les données du recensement de 2009, on obtient :

           

Nombre de

1999

2008

2009

Evolution 2009/1999

Logements

2418

2982

3016

+ 25%

Résidences principales

1945

2310

2346

+ 21%

Résidences secondaires

  395

570

  512

+ 30%

Logements vacants

    78

102

  158

+103%

Population des ménages

4692

5062

5151

+ 10%

Taille moyenne des ménages

 2,4

2,2

2,2

   9 %

Ce tableau soulève plusieurs interrogations quand on compare les années 2008 et 2009, la première est que l’on peut s’interroger sur la taille moyenne des ménages qui baisse depuis plusieurs décennies. Est-elle en train de se stabiliser ? Si c’était le cas, ceci aurait impact très notable sur la population arradonnaise. Cette question mériterait d’être approfondie par tous les moyens pour connaître l’évolution 2009 – 2013. Si le desserrement des ménages ralentit, le besoin en nouveaux logements devient plus faible pour atteindre l’objectif + 500 visé.

Remarque 6 : Quelle est l’évolution récente du nombre de résidences secondaires ?

Pour la première fois, depuis également des décennies, l’augmentation du nombre des résidences secondaires subit un retournement. C’est une seconde remarque que l’on peut formuler au vu du tableau précédent. Compte tenu la proportion 19% en 2008, 17% en 2009). La connaissance de ce qui s’est passé depuis 2009 pour les résidences secondaires manque au rapport de présentation.

Remarque 7 : Comment interpréter l’augmentation du nombre de logements vacants ?

Entre 1999 et 2009 le nombre de logements vacants a doublé. Entre 2008 et 2009 il a augmenté d’un tiers. Comment cela s’explique-t-il ? Quelle est l’évolution du nombre de logements vacants jusqu’en 2013. Quand un recensement indique 158 logements vacants, on ne peut pas faire l’économie d’un approfondissement de cette question. On pourrait par exemple se demander si des résidences secondaires ont été transformées en logements vacants.

Remarque 8 : Visite de la méthode de calcul du « point mort » et application

Calcul du « point mort » proposé dans le rapport de présentation donne le nombre de logements à construire pour compenser le desserrement des ménages (rapport de présentation – partie 2, page 212) : la méthode est correcte mais manque d’explications. Le lecteur intéressé trouvera en annexe la justification de la méthode.

Les calculs présentés ci-dessous utilisent les données démographiques de 2009, au lieu de celles de 2008 dans le rapport. Cette reprise des calculs sur la base 2009 ne modifie pas beaucoup les résultats car les évolutions 2008-2009 les plus fortes concernent les résidences secondaires et les logements vacants qui n’ont pas d’impact sur la population des ménages arradonnais. Il n’est par contre pas juste de dire que certaines résidences principales n’ont pas d’effet démographique. Elles en ont évidemment toutes un : une partie des résidences principales sert à compenser la diminution de la taille des ménages et l’autre partie à aller au-delà en augmentant la population. Je m’interroge sur le caractère pédagogique de cette partie.

Cette présentation (reprise sur la base 2009)  est (peut-être ?) plus claire :

Evolution du parc de logements de 1999 à 2009, soit pendant une période de 10 ans :

– Nombre de logements construits : 598 soit 60 par an

– Nombre de nouvelles résidences principales permettant de compenser la perte démographique due au desserrement des ménages : 192 (19 par an)

– Nombre de résidences principales permettant d’augmenter la population au-delà de la compensation précédente : 209 (21 par an)

– Nombre de résidences secondaires et de logements vacants sans effet sur la population des ménages : 197 (117 résidences secondaires – 12 par an et 80 logements vacants – 8 par an)

                                                         

On peut retenir, au moins sur la période 1999-2009, car les extrapolations doivent être prudentes, que les près de 600 logements supplémentaires se sont répartis en 2/3 de résidences principales, 20% de résidences secondaires et 13 % de logements vacants.

Les résidences principales, pour une moitié environ (48%) n’ont fait que compenser le desserrement des ménages, l’autre moitié (52%) a contribué à augmenter la population d’Arradon.

Remarque 9 : combien de nouveau logements entre 2013 et 2023 pour avoir 500 habitants en plus ?

 

Le rapport de présentation (partie 3 – page 242) indique par un calcul d’une rapidité qui surprend compte tenu des enjeux qu’il faut construire 600 logements sur la période 2012 – 2023. Pourquoi repartir d’ailleurs de 2012 et pas de 2013 ? L’année 2012 est révolue.

Ce nombre de 600 est basé sur plusieurs hypothèses :

         La continuation du desserrement des ménages sur le même rythme que précédemment pour atteindre 1,9 en 2023. Mais qu’en sait-on ?

         La stabilisation à 20% des résidences secondaires, mais qu’en sait on et quid des logements vacants ?

         On dit qu’il est nécessaire de construire 43 résidences principales sur 11 an, soit 473. On pourrait tout aussi bien dire 40 logements (cf. calcul remarque 10) sur 10 ans (2013 – 2023), soit 400 au lieu de 473

Le résultat de 600 logements nécessaires pour obtenir 500 habitants en plus (déjà discutable en soi) est donc « assis sur du sable ». L’intérêt des tableaux suivants est, d’une part de repartir des données de recensement de 2009, et surtout d’observer comment varie le nombre de logements nécessaires en fonction des diverses possibilités des tailles des ménages dans l’avenir. 

            Les tableaux suivants prennent en compte 2529 résidences principales en 2013 en prolongeant l’évolution annuelle (+1,9%) observée sur 1999-2009 et une proportion constante de 22% pour l’ensemble « résidences secondaires + logements vacants ».

La taille des ménages 2013 et de 2023 utilisées sont les suivantes :

2013 : 2,2 avec en  2023 : 2,2  2,1 2,0  et 1,9;  2013 : 2,1 avec en 2023 : 2,1, 2,0  1,9 et 1,8

 

Sur ces bases, avec l’objectif d’une augmentation de la population des ménages de 500 personnes sur la période décennale 2013 – 2023, puis de 350, nous avons calculé :

-le nombre de résidences principales à construire pour compenser le desserrement des ménages sur cette période (RP-DESS)

-le nombre de résidences principales à construire pour augmenter la population de 500 personnes en 2013 par rapport à 2023 (RP_500)

-le nombre total de résidences principales à construire (RP), bien entendu la somme des deux précédents

-le nombre de résidences secondaires et de logements vacants, de sorte que cet ensemble représente 22% du total des logements (RES+LV)

– le nombre total de logements à prévoir (TOT LOG), somme des deux précédents.

On voit dans ces tableaux l’extrême sensibilité du nombre de logements à construire entre 2013 et 2023 selon les tailles moyennes des ménages :

            Par exemple pour 500 habitants supplémentaires, avec 2,2 habitants par résidence principale en 2013 et en 2023, il faut 291 logements nouveaux, avec 2,1 en 2013 et 1,9 en 2023, il en faut 678 ! Voilà pourquoi le nombre proposé de 600 nouveaux logements n’est pas fiable du tout.

            Pour 350 habitants supplémentaires, avec 2,2 habitants par résidence principale en 2013 et en 2023, il faut 204 logements nouveaux, avec 2,1 en 2013 et 1,9 en 2023, il en faut 577 !

t13

t23

RP-DESS

RP_500

RP

RES+LV

TOT LOG

2,2

2,2

0

227

227

64

291

2,2

2,1

120

238

358

101

459

2,2

2

253

250

503

142

645

2,2

1,9

399

263

662

187

849

2,1

2,1

0

238

238

67

305

2,1

2

126

250

376

106

482

2,1

1,9

266

263

529

149

678

2,1

1,8

422

278

700

197

897

Nombre de logements pour obtenir 500 personnes en plus entre 2013 et 2023

t13

t23

RP-DESS

RP_350

RP

RES+LV

TOT LOG

2,2

2,2

0

159

159

45

204

2,2

2,1

120

167

287

81

368

2,2

2

253

175

428

121

549

2,2

1,9

399

184

583

165

748

2,1

2,1

0

167

167

47

214

2,1

2

126

175

301

85

386

2,1

1,9

266

184

450

127

577

2,1

1,8

422

194

616

174

790

Nombre de logements pour obtenir 350 personnes entre 2013 et 2023

Pour conclure sur cette question du nombre de logements, compte – tenu de toutes les incertitudes et des hypothèses supposées dans ces calculs, il faut garder en tête que tous ces chiffres ne donnent que des ordres de grandeur. Ils permettent en tous cas de voir que le nombre proposé de 600 logements n’est pas très solide car très dépendant du desserrement des ménages que nous aurons en 2023. Enfin, les calculs faits ici supposent que les nouveaux logements reprendront la structure du parc existant : mêmes  proportions de studios, T2, T3,.., maisons individuelles,…que la proportion de résidences secondaires et de logements vacants reste globalement constante,….Ces hypothèses se vérifieront-elles ?

Ce qui ressort de la comparaison des deux tableaux est qu’il faudrait environ 100 logements de moins pour augmenter la population de 350 personnes au lieu de 500.

Remarque 10 : Capacité d’assainissement insuffisante pour 600 logements

D’après l’annexe sanitaire, la capacité résiduelle de la station d’épuration est de 600 EH (équivalent – habitants). Le rapport de présentation permet de dénombrer à court,  moyen et long terme 754 logements, d’une part c’est plus que les 600 annoncés, d’autre part c’est incompatible avec la capacité résiduelle d’assainissement. Comment s’expliquent ces incohérences ? Quel est le calendrier pour la réalisation de l’extension de la station d’épuration ?

Jean-François Petiot

Arradon, le 21 juin 2013

 

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La loi sur l’enseignement supérieur et la recherche

Le projet de loi ESR (relatif à l’enseignement supérieur et la recherche) a été adopté par l’assemblée nationale le 28 mai 2013. Le texte est examiné du 18 au 21 juin par le sénat.

La loi vise deux priorités : la réussite des étudiants avec pour objectif 50% de diplômés du supérieur par classe d’âge et la dynamisation de la recherche au service de l’emploi et de la compétitivité. Il y a aussi deux objectifs secondaires, non indépendants des précédents : améliorer la gouvernance des universités et conforter l’ouverture internationale des établissements. C’est à ce dernier titre que l’usage de la langue anglaise dans les enseignements a été mis en avant, surtout par les grands médias qui ont sans doute trouvé trop techniques les autres aspects de la loi. Compte – tenu de la richesse du sujet, la présentation de cette loi est scindée en plusieurs parties : 1) l’enseignement et la réussite des étudiants 2) l’ouverture internationale, 3) la recherche, 4) la gouvernance des universités et le décloisonnement.

I
Loi ESR : L’enseignement supérieur et la réussite des étudiants

1) Une stratégie nationale pour coordonner les formations et une carte lisible pour s’orienter dans l’enseignement supérieur (article 3)
La réussite des étudiants dans le supérieur passe d’abord par leur bonne orientation. Cette orientation passe par elle-même une bonne compréhension de l’offre de formation. La loi veut permettre d’élaborer une stratégie nationale de l’enseignement supérieur (article 3) pour organiser la complémentarité et la lisibilité de cette offre. C’est d’une certaine façon recentrer le curseur entre la centralisation et l’autonomie des universités. S’y retrouver dans le maquis des 1400 intitulés de licences générales, 2300 licences professionnelles et 1800 masters avec 10000 spécialités (si on additionne les masters publics et privés), est bien difficile, même pour un conseiller d’orientation. La méthode est d’élaborer une nomenclature nationale des formations dont le contenu et la validation sont fixés par arrêté et de simplifier le système en passant de l’habilitation (diplôme par diplôme) à l’accréditation des établissements (articles 20 et 21). Encore faudrait-il que cette nomenclature soit adaptée au monde moderne et aux nouveaux métiers. Jusqu’ici les différentes nomenclatures, que ce soit pour les formations ou les métiers, sont en retard sur la vraie vie. Il faut alors parfois faire rentrer les formations et les métiers qu’elles visent « avec un chausse-pied » dans ces nomenclatures. Dans ce cas celles-ci vont à l’encontre de la clarification qu’elles visent. L’accréditation est supposée donner plus de responsabilités aux universités et replacer l’Etat à un niveau plus stratégique, à voir. Cette accréditation par établissement pourrait porter préjudice au caractère national des diplômes comme ceux des IUT qui ont un programme pédagogique national.

2) Orienter prioritairement les titulaires d’un baccalauréat professionnel vers les STS (sections de techniciens supérieurs qui délivrent les BTS) et les titulaires d’un baccalauréat technologique vers les IUT (article 18)
La loi souhaite que des proportions minimales des ces diplômés professionnels et technologiques soient accueillis en STS et en IUT. Les programmes des BTS et des IUT viennent d’être revus pour faciliter l’accueil de ces diplômés, il n’y a donc pas d’opposition sur ce point pour faciliter cet accueil. Par contre la mise en place de quotas autoritairement imposés n’irait pas dans le bon sens. Les situations sont très variables selon les spécialités et certaines sont plus adaptées que d’autres à ces lycéens. Et c’est une erreur historique largement répétée que de dire que les IUT ont été créés pour accueillir les bacheliers technologiques puisque le Diplôme Universitaire de Technologie (DUT) date de 1966 et les bacs technologiques de 1968 ! Il faut se garder de mettre en péril un système qui fonctionne par des mesures trop autoritaires. Un meilleur accueil de ces lycéens passe d’abord par une meilleure information car les parfois faibles nombres d’étudiants d’origine technologique dans les filières d’IUT sont très souvent corrélés aux faibles nombres de candidats. On en revient encore une fois au problème de l’orientation.

3) Améliorer l’orientation et la poursuite d’études des lycéens en créant un continuum de la seconde à la licence, en renforçant les liens entre les lycées disposant de STS et ce CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles) et les universités (articles 17 et 18). J’applaudis des deux mains tout ce qui peut aider à « casser » la frontière entre le secondaire et le supérieur et faciliter l’orientation des lycéens – cela dit il n’y a pas de raison d’exclure du dispositif les lycées qui n’auraient pas de STS ou de CPGE.

4) Faire de l’étudiant l’acteur de sa formation, avec une spécialisation progressive des études en premier cycle, en favorisant les passerelles (articles 17 et 18).
Le Projet Personnel Professionnel (PPP) a déjà été introduit depuis plusieurs années dans le supérieur – peut- être n’est-il pas généralisé ? – en tout cas cette mesure n’est plus novatrice pour beaucoup de formations.

5) Doubler le nombre d’étudiants en alternance pour faciliter l’insertion professionnelle (article 15). L’alternance a, a priori tout pour plaire, elle apporte un complément financier à l’étudiant aux ressources modestes et le diplômé a une expérience professionnelle qui ne peut que faciliter son insertion professionnelle. Dans la réalité, la mise en place de l’alternance dépend de plusieurs facteurs qui échappent aux structures d’enseignement supérieur : beaucoup d’entreprises rechignent à recruter un étudiant alternant au sortir du lycée et de s’engager envers lui pour plusieurs années alors qu’elles ne le connaissent pas et qu’évidemment ses connaissances professionnelles sont souvent inexistantes. Ainsi, dans les IUT, l’alternance n’est souvent mise en place qu’en seconde année d’études. Sur le principe, les organisations patronales sont très favorables à l’alternance, sur le terrain il n’est pas toujours aisé de trouver des entreprises d’accueil. Un autre problème est la distance géographique entre le lieu de formation et l’entreprise. Au cours des dernières décennies on a utilisé l’implantation de formations comme un instrument d’aménagement du territoire, avec un but louable de rapprocher l’université des plus modestes, et un autre (moins louable) d’aller dans le sens de personnalités politiques locales, et sans forcément viser des débouchés professionnels locaux. Ce dernier point n’est pas une critique car fonder une formation universitaire sur des débouchés essentiellement locaux peut conduire à d’autres dangers en cas de difficultés de ceux-ci. Mais le fait est que l’entreprise n’est pas forcément à la porte de l’université, sauf dans les villes les plus importantes (et encore), et que la distance qui pourrait imposer deux logements à l’étudiant est un frein au développement de l’alternance.

6) Encadrer les stages et les développer en début de cursus (article 15)
Encadrer les stages et les utiliser dans un cadre pédagogique normé organisant les relations étudiant – entreprise – université est une évidence. C’est comme cela dans les IUT depuis leur création – et si ce n’est pas le cas partout il faut bien sûr aller dans cette direction. Un stagiaire ne doit pas être un salarié « low cost ». Développer les stages en début de cursus est par contre une idée pas très claire et plutôt discutable. Si on ne veut pas que le stage soit une visite touristique de l’entreprise, l’étudiant doit avoir déjà quelques connaissances qui font que ce stage sera construit sur la base d’un « donnant-donnant » ou « gagnant-gagnant ». Cela exclut un stage trop proche d’un début de cursus.

7) : Faire entrer l’université dans l’ère du numérique, en soutenant, dans le cadre d’un plan national, la mise en ligne des enseignements, le numérique comme outil pédagogique, innovant, l’accompagnement personnalisé des étudiants et la formation aux nouveaux outils (articles 6 et 16)
Heureusement, l’idée n’est plus nouvelle, et sans doute tous les étudiants disposent dans leur université d’un ENT (espace numérique de travail). Les outils numériques améliorent les conditions de travail (notamment à distance de l’université et pendant ses moments de fermeture) : les cours en ligne, les supports audiovisuels, l’Internet, la possibilité donnée aux étudiants de poser des questions par mail à leurs enseignants,…. Tout cela facilite le travail. Il n’en reste pas moins que le support numérique ne supprime pas l’effort de l’assimilation des connaissances et de leur apprentissage, que le fait pour un étudiant de disposer d’un cours numérisé ne veut pas dire qu’il a appris ce cours mais peut lui conférer l’illusion que ce n’est pas grave car il l’a sous la main. C’est parfois aussi un facteur d’absentéisme en cours. Bref, le numérique apporte un confort et des moyens supplémentaires, il n’en pas certain pour autant qu’il aide significativement à la réussite des étudiants. Le développement du numérique va dans le sens de l’histoire mais ce n’est pas nécessairement une clé de la réussite. L’usage des bibliothèques de plus en plus désertées en est une autre.

8) Expérimenter des dérogations autorisant un accès direct à certains étudiants en 2de et 3ème année de médecine, odontologie, pharmacie ou maïeutique (article 22). Il s’agit d’une expérimentation, sur le fond lancer des passerelles entre formations est un bon principe, pas d’avis particulier sur celui-ci.

9) Reconnaître le doctorat en le valorisant pour l’accès à la haute fonction publique (article 47) Une idée dont on verra si elle s’impose par rapport à certains conservatismes.

Loi ESR : la recherche

La loi vise, comme pour l’enseignement, à réaffirmer le rôle stratégique de l’Etat dans les grandes orientations de la recherche et à en simplifier l’organisation :
1) Définir un agenda stratégique de la recherche, harmonisé avec le programme européen Horizon 2020, définissant les grandes priorités de la recherche française (article 11)
2) Mettre en place un conseil stratégique de la recherche pour définir cette stratégie (article 54).
La loi remplace trois instances : Haut conseil de la science et de la technologie (HCST), Conseil supérieur de la recherche et de la technologie (CSRT) et le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), par deux : le Conseil stratégique de la recherche et le CNESER
3) Remplacer l’AERES (agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) par une nouvelle autorité d’évaluation administrative indépendante, le haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (articles 48 à 52)
4) Faciliter la mise en œuvre de l’agenda de la recherche et préserver la recherche fondamentale, en simplifiant le paysage de la recherche française, ses modalités de financement et d’évaluation (articles 40 et 41)

Ces dernières années, l’organisation de la recherche s’est constituée, à l’instar de l’enseignement, en un maquis constitué de PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur), d’IDEX (initiatives d’excellence), LABEX (laboratoires d’excellence), EQUIPEX (équipements d’excellence)… La nouvelle loi affiche l’objectif de simplifier le paysage de la recherche. Mais les détracteurs de la loi, y compris ceux proches du PS (collectif Langevin), disent que l’on ne fait qu’ajouter à la complexité. Les PRES sont effectivement supprimés, et entend déjà des plaintes des universités qui ont dépensé beaucoup d’énergie pour les construire, mais on crée une trentaine de « Communautés d’universités » qui ne doivent laisser aucune université de côté et qui peuvent aussi accueillir des écoles privées. En Bretagne, le PRES actuel est « l’Université Européenne de Bretagne » (faire un lien ici avec http://www.ueb.eu/Theme/presentation/ ) qui regroupe les quatre universités bretonnes, cinq écoles d’ingénieurs et 19 membres associés. A priori on peut imaginer que la tentation sera grande de capitaliser le travail de constitution des PRES en les transformant en Communautés d’universités au prix d’un peu de « cosmétique ». Au final quid de la simplification ?
5) Inscrire dans la loi le transfert comme une des missions de service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, afin de développer le transfert des résultats de la recherche et créer des emplois durables et à forte valeur ajoutée (articles 5, 7, 10, 55 et 65).
La volonté est louable, ajouter aux missions des enseignants-chercheurs celle du transfert de technologie pose des questions sur la façon de prendre en compte cette activité dans la carrière. Jusqu’ici le quasi seul critère d’évolution de carrière pour un enseignant-chercheur est la recherche, les actions de transfert sont considérées comme moins « nobles » et moins valorisées, l’investissement dans l’enseignement est lui aussi fort peu valorisé, et les implications administratives ou para pédagogiques (direction de filière, direction des études, responsable des stages,…) dans la vie de l’établissement et au service des étudiants encore moins. La question de la redéfinition des tâches pose une nouvelle fois celle de la prise en compte de la totalité des activités des enseignants – chercheurs. Ce qui a été toujours plutôt mal fait jusqu’ici.

Loi ESR : la gouvernance des universités et le décloisonnement

1) Développer la coopération entre tous les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche d’un même territoire en les regroupant dans des ensembles coordonnant l’offre de formation et la stratégie de recherche (article 38).
Le regroupement proposé de toutes les composantes d’une académie (ou inter-académies) a un aspect novateur. Il reste à voir comment cela peut vivre dans les faits.

2) Rendre la gouvernance des universités plus démocratique en dotant un Conseil académique de compétences propres sur les questions de recherche et de formation et en recentrant le conseil d’administration sur son rôle stratégique (articles 37 et 38)
Le conseil académique sera composé de deux commissions élues : la commission de la formation et de la vie étudiante (ancien CEVU) et de la commission de la recherche (ancien conseil scientifique). Le conseil académique sera donc le responsable de l’enseignement et de la recherche. Le conseil d’administration est lui recentré sur le pilotage de l’établissement. Cette mesure est censée répondre à la demande de « plus de collégialité » formulée à la suite de la loi LRU. Une procédure d’empêchement du président, dont les pouvoirs sont devenus disproportionnés, est instituée par la démission des 2/3 du conseil d’administration. Tout cela sera-t-il suffisant pour répondre complètement aux attentes ? On verra…

3) Ouvrir les universités sur le monde socio-économique en confortant le rôle des personnalités extérieures (articles 25 et 26). La loi prévoit la nomination de personnalités extérieures préalablement à l’élection de président de l’université selon des modalités transparentes. Cela peut contribuer à l’indépendance de ces personnalités vis-à-vis du président et à une meilleure collégialité au sein du conseil d’administration.

4) Agir pour l’égalité entre les femmes et les hommes en inscrivant dans la loi la parité pour les élections aux différents conseils (articles 13,37, 50 et 53)
On ne peut être que d’accord sur le principe. Dans les faits il y a parfois selon les spécialités de grandes disproportions entre les nombres éligibles d’hommes et de femmes et dans ce cas la stricte parité est difficilement atteignable. Il peut exister des dérogations dont l’ampleur est limitée par des textes, sera-ce le cas ?

Loi ESR : l’ouverture vers l’international

1) Développer la mobilité des étudiants et des chercheurs en favorisant les parcours comprenant des périodes d’études et d’activités à l’étranger (article 8).
Le développement de ces parcours internationaux est une nouvelle mission du service public de l’enseignement supérieur. On ne peut encore ici qu’applaudir à cette volonté, en reposant la question de la prise en compte de cette activité pour des enseignants-chercheurs (cf. mesure 15). En tous cas, c’est un service aux étudiants qu’il faut indéniablement développer.

2) Permettre l’utilisation d’une langue étrangère dans les formations de l’enseignement supérieur dans de nouveaux cas (article 2). Il s’agit là du point de la loi (encore en débat au parlement au moment où j’écris ces lignes) le plus médiatisé. C’est beaucoup de bruit pour rien (puisqu’il s’agit essentiellement d’un conflit que certains voudraient voir entre la langue de Shakespeare et celle de Molière). Les derniers amendements des députés acceptent des cours en anglais à condition que les étudiants étrangers aient un apprentissage du français de sorte que le niveau de français soit pris en compte pour l’obtention du diplôme. En réalité il n’y a pas une réponse unique à la question, cela dépend du contexte. Si une formation est construite pour accueillir des étudiants étrangers, qui formeront alors l’essentiel du public, il est naturel qu’elle soit en anglais, car dans le cas contraire, elle est vouée à l’échec. S’il s’agit d’une formation a priori destinée à des étudiants français, les besoins pédagogiques nécessitent parfois l’usage de l’anglais – ou d’une autre langue – (usage de manuels, de documents audiovisuels, de logiciels,…). Il serait contre irréaliste de bannir des outils qui seront retrouvés dans le monde professionnel sous prétexte qu’ils sont en anglais. Tout est question de mesure et il faut faire confiance aux enseignants. Mais s’il faut un texte pour que dans ces cas là, on ne soit pas hors la loi, d’accord. C’est une légalisation a posteriori de pratiques qui existent déjà. Plus généralement, il est important de faire comprendre aux étudiants que l’usage des langues étrangères sera de plus en plus une obligation pour être compétitif dans le cadre de la mondialisation, et tous les moyens sont bons pour y parvenir, en n’oubliant pas que le meilleur, c’est la mobilité.

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Pourquoi ce blog ?

La réforme de l’université  par la loi relative aux libertés et aux responsabilités de l’université (loi LRU)  touche à de nombreux aspects de la vie universitaire.  Les répercussions de cette loi sont relativement techniques pour le non initié et nombreuses, ce qui et rend difficile leur médiatisation. Les réactions et manifestations de tous horizons et de toutes formes ont mis en avant la réforme du statut des enseignants – chercheurs et la mastérisation de la formation des maîtres. La mise en danger des Instituts Universitaires de Technologie (IUT) est restée au second plan.

La première motivation de ce blog est donc d’exprimer une opinion sur l’impact de la loi LRU sur les IUT.

J’habite Arradon, une commune d’environ 6000 habitants au bord du Golfe du Morbihan, dans le Pays de Vannes. L’aménagement de cette commune concerne un patrimoine et un paysage exceptionnels qui n’appartiennent pas seulement aux habitants du moment. Conseiller municipal pendant 13 ans d’Arradon, je reste évidemment sensible aux questions d’urbanisme et d’aménagement qui pourraient susciter d’autres articles dans le futur.

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